Pour ceux et celles qui me connaissent personnellement, ma vie de jeune adulte s'est passée à l'UQÀM, section Beaux-Arts (Design Graphique) et à Concordia University en Graphic Design.
Je me dirigeais vers le métier de Concepteur Graphique, spécialisé dans les Affiches et Pochettes de disques.Un dur métier dans un monde très précaire et sans ressources pour compléter mon porte-folio. J'ai dû commencer à travailler tout en étudiant le soir, complétant mes travaux universitaires la nuit.N'ayant aucune bourse du gouvernement, ceux-ci m'indiquant que mes parents pouvaient assurer mes frais de subsistances et payer mes études...ce que mes parents ne voulaient pas.Je devais demeurer dans un mini logement,non chauffé sans double fenêtre sur Park Avenue près du Temple des Krishna.Venant de Joliette et étudiant à Montréal, je ne pouvais pas demeurer chez mes parents durant mes études.Ensuite, ce fut une chambre chez une très gentille dame, Madame Lamarche sur la rue Delorimier...car c'est tout ce que je pouvais me payer après avoir défrayé les coûts universitaires et tout le matériel nécessaire à appliquer pour mes travaux.Chers sont les matériaux d'arts..du Rapidograph au Lettraset car tout se faisait à la main..pas d'ordinateur à l'époque..je vous parle des années 1973 à 1977.Je devais posséder un appareil photo 35mm avec plusieurs lentilles pour mes travaux de photographie.
Mes seuls amis m'accompagnant pendant mes dures journées et nuits de travaux scolaires étaient mes disques en vinyl,ça m'encourageait de foncer et comme eux il y avait du plaisir à créer.Pas de walkman ou de IPod à cette époque.Rien de portatif.
J'allais à plusieurs concerts au Forum pour faire de la photo de groupes de musiciens afin de les inclure dans mes travaux scolaires.Les concerts à l'époque pouvait coûter moins de $10.-$20 pour Genesis,David Bowie,Queen, etc...Il faut dire que le taux horaire de base des salaires n'était pas celui d'aujourd'hui.
Mes disques me sauvaient l'âme meurtrie par les difficultés.La musique me donnait des ailes pour continuer mon combat contre l'adversité que la vie m'apportait.Le mois de février était le pire...celui de la déprime totale causée par la fatigue physique et morale.Ma musique m'aidait à passer au travers.Mon rêve était d'avoir mon Studio de Concept Graphique à moi..passer mes journées à écouter de la musique tout en concevant de la publicité en deux dimensions.
La vie m'a apporté vers un autre champs de compétence..celui des affaires.Oui, j'étais bonne en administration des affaires mais avec un côté artistique.C'est là que l'on m'a confié les Évènements Spéciaux chez mon employeur.Veut, veut pas..je pouvais concevoir des façons de travailler et d'améliorer ce que l'on faisait mais ce n'était pas ce que je voulais vraiment faire.Je l'ai fait pour me loger et me nourrir parfois avec une certaine amertume.La vie vous roule parfois dans la farine.J'ai eu peur de prendre des risques n'ayant pas eu un atmosphère familial très propice à l'action.Travailler à la pige n'était pas vraiment dans mes plans...quand tu es seule à subvenir à tes besoins et que tu ne veux pas coucher avec le Prof qui t'enseigne ou un futur Patron de Boîte...
J'ai quand même gagné ma vie.Cependant,me promettant de revenir à mes premières amours..pour mon bien-être personnel lors de ma retraite.Refaire de la photo,travailler sur des Blogs,concevoir une certaine postérité n'ayant pas eu d'enfants.Donc, je laisse humblement du numérique en héritage dans un sens et je me délecte enfin à l'écoute de mes disques de vinyl dans mon Studio personnel sans avoir à me soucier de mon logement ou si je vais manger aujourd'hui.
Mieux vaut tard que jamais..dit-on...
Du Manoir
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